|
LA TRAITE ANTIQUE

- L'esclavage, né sur les rives
de la Méditerranée, a ses lettres de noblesses, ayant obtenu
l'approbation des philosophes grecs, ces grands humanistes des manuels
scolaire. Aristote, dans sa politique, émet, au sujet de la condition
servile, des opinions qui de nos jours l'auraient envoyé devant
le tribunal des criminels de guerre à Nuremberg, ou l'enverraient
devant un quelconque tribunal Russell. " l'utilité des animaux
privés est celle des esclaves sont à peu près les
mêmes : les uns commes les autres nous aident par le secours de
leurs forces corporelle à satisfaire les besoins de l'existence...
Ainsi la guerre est-elle en quelque sorte un moyen naturel, puisqu'elle
comprend cette chasse que l'on doit donner aux bêtes fauves et aux
esclaves qui, nés pour obèir, refusent de se soumettre..."
Le poète Hésiode n'est pas en reste. Il va trouver cette
comparaison qui se veut raison, et sans réplique : " l'esclave
est au riche ce que le boeuf est au pauvre."

- Les premieres mentions d'une situation d'esclavage en Afrique remontent
aux plus lointaines origines, à l'Egypte pharaonique. Ce statut,
semble-t-il, n'affectait pas les autochtones : il était plutôt
réservé aux étrangers, saisie par des moyens violents
ou livrés en tribut par des régions soumises.
- Si la Nubie intéressait les Egyptiens pour ces mines d'or et
ces produits exotiques, et comme voie de pénétration vers
des régions plus méridionales, elle les attirait aussi pour
ses hommes. La longue marche des esclaves Africains commence sur la route
du Nil. pour tailler les pierres des temples ou des pyramides, il faut
des centaines de milliers d'hommes. Le nombre des individus ainsi concernés
est impossible à estimer. Le travail servile, au sens strict du
terme, ne constituait pas un trait dominant de l'économie egyptienne.
Il avait néamoins sa place. Des esclaves qui lui parvenaient, le
Pharaons conservait une grande partie les répartissant à
diverses tâches : Il leur faut des hommes pour faire la guerre et
des femmes pour faire l'amour.
- Nubiens et Lybiens se trouvaient dispersés
à differents échelons de la société égyptienne.
la situation se renversa par la suite à partir du XIe siècle
av J.C, l'Egypte entra dans une pèriode de décadence, perdant
ses conquêtes exterieures et traversant des pèriodes de fragmentations
interne. Les "esclaves" devenant alors les maîtres. Le
pays de Koush s'affranchit envahissant ses anciens dominateurs une XXVe
dynastie dite soudanaise régna soixante-dix ans au VIIIe-VIIe siècle.
Chassé par les Assyriens, elle se replia dans son pays d'origine.En
plus de cette utilisation interne un important trafic d'exportation avait
lieu vers l'Egypte et les pays méditerranéens il devaient
évidement transiter par la vallée du Nil. L'Egypte recevait
des esclaves par la mer rouge, de la côte de Somalie. Il en partaient
du cap Hafun pour cette destination "des esclaves de la meilleure
sorte [...] de plus en plus nombreux". Il devait en partir également
de la région à destination de la Perse.
- L'empire d'Axoum, ancêtre de l'Abyssinie
important Etat au point de vue politique était en même temps
une des principales puissance commerciale de son époque, et son
port d'Adoulis constituait un centre économique de première
importance. De nombreux esclaves s'y exportaient, la demande de ces derniers
de la part des marchands étrangers est restée constante
au cour des siècles, les Abyssins, aussi bien hommes que femmes,
faisaient prime sur le marché. Les Carthaginois avaient le souci
de ne pas divulguer leurs connaissances pour écarter les concurrents
commerciaux, Grecs en particulier. Une partie des captifs devaient alors
être vendus à Carthage, car on a retrouvé des squelettes
négroïdes dans les nécropoles puniques : l'armée
en particulier comptait certainement des soldats noirs. Les Romains auraient
fait pour la première fois connaissance avec ce que l'on appelait
alors les "Ethiopiens " durant la seconde guerre punique ce
mot qui signifie "faces brulées", désignera longtemps
d'une façon générale tous les habitants originaires
du sud du Sahara avant de s'appliquer à un peuple précis.
-"Dieu t'a rendu propriétaire de l'esclave" le Coran.
- Par les Arabes, les origines de la servitude
noire plongent dans la nuit médiévale. Les esclaves viennent
de tout un continent pour être vendu aux portes innombrables du
monde des vainqueurs. Dés 666, une traite immense, de la Nubie,
de la Somalie et du Mozambique, à l'est du Ghana, à l'ouest,
le destin du continent noir semble scéllé : il doit payer
son tribut humain. Ces conquêtes rentraient dans le cadre de la
foudroyante expansion arabe qui, après la mort du prophète
Mohammed, se déclencha en diverses directions et devait porter
fort loin. Soumis aux assauts des troupes arabes, les habitants de Dongola
" l'un des royaumes de la Nubie, après la chute de l'empire
de Méroé" se défendirent bien mais, devant les
pressions exercées, ils préférèrent acheter
la paix en concluant en 652 un traité connu sous le nom de bakt.
La redevence est fixé au prix de 360 esclaves par an. Le système
fonctionna régulièrement, semble -t-il pendant plusieurs
siècles.
- Du VIIIe siècle au XVIIe siècle, un flux d'esclaves noirs
trouva sont origine dans toute la bande soudanaise de l'océan Atlantique
à la mer Rouge ainsi que dans l'Afrique orientale, pour se répartir
soit localement, soit beaucoup plus loin que toutes les régions
du monde musulman. un grand nombre se trouvait affecté à
la domesticité. En Afrique du nord, les negresses avaient la réputation
d'être exellente cuisinière ; au moyen-orient et en Inde,
les Abyssins étaient davantage recherchés. Dans un ordre
plus intime, il faut mentionner les concubines dont l'entretien étaient
licite d'après la loi musulmane. On les demandaient davantage dans
certaines régions réputées pour la beauté
des femmes : Peules, Nubiennes, Abyssines. La possession d'un harem était
indispensable à un certain standing. Cette coutume appelait un
service spécial : celui des eunuques, le Bornou et le pays haoussa
constituaient des centres spécialisés de "fabrication".
Il en existait d'autres : le royaume de Hadya, en Abyssinie, et la Haute
Egypte. Les procédés très rudimentaires de castration
causaient une mortalité considérable : aussi les prix étaient-ils
élevés.
- Pour l'Islam l'esclavage des noirs
n'est pas seulement la privation de liberté et le travail forcé,
il est aussi la destruction raciale. La plupart des esclaves noirs sont
en effet transformé en eunuques, et ceux qui résistent sont
massacrés. Telle est la raison de l'absence presque totale d'éléments
étheniques noirs en terre d'islam, en dépit des énormes
transplantations réalisées et contrairement à ce
qui se passera en Amérique à la suite de la traite chrétiènne.
- L'Antiquité méditérranéenne avait su "
dans l'ensemble dominé la tendance chez le Blanc à assimiller
le Noir au résidu excrémentiel, à la mort et au monde
infernal". L'essor de la traite musulmane est inséparable
de celui du racisme, moyen simple mais particulièrement efficace
pour nier la dignité humaine des hommes que l'on entreprend de
traiter en esclaves. un proverbe arabe qui remonterait au prophète
Mohamed dit des Zendjs
( alternativement Noirs habitant près des côtes orientales
de l'Afrique ou bien Africains en général) qu'affamés
ils volent, que rassasiés ils violent. Décrit par des attributs
physiques neutres (couleur de la peau, lèvres épaisses,)
ils sont également présentés comme des hommes durs
au travail, plongés dans une gaieté continuelle du fait
de l'incomplète organisation de leur cerveau. A Sidjilmassa, dès
le VIIIe siècles plus tard, lors de l'essor de la traite atlantique,
l'Européen ne réagira pas de manière bien differente.
|


|