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ARAWAKS ET CARAIBES

« ...À
l'arrivée des premiers colons européens, le milieu
végétal était pratiquement intact de toute destruction...
»
laquo; ...Lorsque les premiers navigateurs
européens il s'agit des Espagnols en 1493, et plus tard les colons
aventuriers français, à partir de 1635 abordèrent
les petites Antilles, ils furent fascinés par l'exubérance
la végétation insulaire, composé de monde d'arbres
et de lianes représentant une biomasse considérable, toujours
verdoyantes, extrêmement riche en espèces ligneuses. Dans
ce foisonnement où la vie connaissait une intense activité
abondaient des petits mammifères terrestres, ainsi que des oiseaux
très rares, notamment des perroquets, des aras, des colibris et
des perriques, etc., sans oublier les nombreuses espèces marines
et aquatiques allant des poissons crustacés et coquillages à
des géants, tel le lamantin, qui pullulaient dans les marécages,
des estuaires des rivières et les eaux chaudes du littoral des
îles.
L'insertion des Européens dans les écosystèmes
insulaires des petites et des grands Antilles se mua en guerre de conquête
quasi militaire et fut comparable à une véritable explosion
dévastatrice. Alors qu'il existait une intégration de l'homme
indien à son milieu naturel, l'irruption
de l'homme venu d'Europe occidentale modifia en profondeur les équilibres
naturels,
entraînant partout la disparition spectaculaire du peuplement initial
et l'éradication systématique des faciès végétaux
des îles.
Ces conceptions étaient basées sur
la séparation (dualisme) de l'homme et de la nature en vue de leur
exploitation totale, comme facteurs de production, générateurs
de plus-values, nécessaires à la reproduction élargie
de tout le système fondé sur le capital.

« Selon quelques hypothèses, les petites
Antilles auraient été peuplées avant les grandes
îles de la région caraïbe et se sont ces mêmes
populations qui devaient fournir le substrat ethnique, culturel et linguistique
nécessaire à la formation des hautes civilisations des grandes
îles et d'Amérique centrale et australe. Ces populations
semies-nomades pratiquaient la pêche en mer et dans les embouchures
des rivières, ainsi que l'agriculture itinérante du manioc
sur brulis sur les mornes et les terrains boisés des régions
basses».
Selon Clerc : « vers 5000 ans avant J.-C.
débutent la période méso-indiennes. Au début
de cette période, pour diverses raisons, dont sans doute la diminution
du gros gibier due vraisemblablement à la sécheresse qui
s'abattit sur le Venezuela après la dernière période
glaciaire, les méso-indiens éprouvèrent de grandes
difficultés à subsister uniquement du produit de leur chasse
et gagnèrent la côte nord du Venezuela qui pouvait leur fournir
en abondance du poisson et des coquillages, c'est-à-dire les protéines
dont ils manquaient. De chasseurs ils devinrent donc pécheurs.
Au cours des siècles ils apprirent à fabriquer des embarcations
et à naviguer ; ils occupèrent alors les petites îles
voisines de la côte vénézuélienne, puis se
répandirent dans les Antilles» .
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Outillage précéramique
en os (Trinidade) ... |
Anciennes langues indigènes
des antilles |
Sur les sites où vécurent
ces premières populations, c'est-à-dire
dans la partie occidentale et sur la côte nord du Venezuela et de
Trinidad, on a identifié des traces archéologiques fort
anciennes, dont certaines remontreraient à plus de 10 000 ans.
Ces vestiges contenaient des pointes de flèches, de gros fragments
de silex dont les arrêtes tranchantes étaient utilisées
à des fins multiples, des ossements de gros mammifères,
sorte de paresseux et de Tatous géants aujourd'hui disparus. Ces
outils attestent que le genre de vie de ces populations était exclusivement
centrées sur la chasse et la cueillette. Elle vivait en petite
bande nomade suivant les migrations de certains animaux, notamment dès
lamantin et les tortues marines. C'est ainsi qu'elles occupèrent
de proche en proche les basses terres tropicales et humides de l'Amérique
du Sud, la région et isthmique colombienocentro américaines
(Panama, Venezuela, bassin mexicain, bassin du Yucatane, Floride, etc.)
et passèrent ensuite, à partir du mésolithiques,
entre 5000 et 6000 ans, aux Antilles proprement dites. L'absence de traces
de poterie montre que ces premières civilisations sont pré-céramiques.
Dans une économie basée sur l'occupation de la nature et
ignorant la culture du sol, c'était aux femmes qu'incombait la
collecte des végétaux : jeunes racines, cours de palmiers,
tubercules comestibles, graines et fruits sauvages, tandis que l'homme
se consacrait à la chasse et à la pêche. La nourriture
se composait également de plusieurs sortes de chenilles, de vers
palmistes, de thermique ailés et de miel sauvage. Ce schéma
est parfaitement conforme à toutes les civilisations antérieures
au méso et néolithiques et correspond au premier stade d'évolution
culturelle du double continent.
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Vase arawak (Martinique) |
Vase caraïbe (1000-1500ap.J.C) |
Avant l'invasion Arawaks à
l'aire chrétienne. On trouve
dans le manuel d'archéologie américaine de Beuchat, paru
en 1912, des indications très précises sur une ancienne
population troglodyte habitant les grands Antilles. Il s'agit des indiens
Calusas et Tekestas.Les arawaks ont largement diffusé le nouveau
type de civilisations à travers l'ére méso-américaine
et circumcaraïbe ( petites et grands Antilles) ils n'auront pas été
les premiers mais bien les plus importants. Au moment de l'extension des
arawaks dans toute la zone des Antilles, l'Amérique centrale et
méridionale étaient ans un épanouissement culturel
néolithiques (civilisations pré-incasique : Aztèques,
tolthèque, maya et inca).
On connaît mieux à travers l'archéologie
le centre d'origine et de formation historique, donc de dispersion, des
premières vagues constituant le deuxième courant du peuplement
qui devait occuper les petites Antilles à l'ére chrétienne.
Il s'agit de nombreux groupes de peuples appartenant à la grande
famille linguistique Arawaks et dont l'atomisation ethnique sur le continent
américain fut considérable. On donne comme centre de dispersion
du noyau primitif Arawaks le bassin de l'Amazone, qu'ils occupèrent
vers de 1000 ans avant J.-C. et à partir duquel ils se dispersèrent
dans toutes les directions à travers une grande partie du Sud et
du centre du continent américain. Ils gagnèrent de proche
en proche les régions isthmiques et les basses terres tropicales
et humides de l'Amérique centrale et australe (Colombie, Bolivie,
Venezuela, Mexique) et du sud-ouest des États-Unis (Floride) ainsi
qu'une partie des petites îles périphériques de la
côte atlantique.
La période néo-indienne
commencent vers l'an 1000 av. J.-C.
époque à laquelle les Ignéris, peuplades Arawaks
qui connaissait l'agriculture et la poterie et vivaient le long du Bas
Orénoque, franchirent le delta de ce fleuve et atteignirent la
côte du nord du Venezuela où ils rencontrèrent les
méso-indiens, qui leur apprirent les techniques de la pêche
et de la navigation. Au début de l'ére chrétienne,
ils commencèrent à se répandre dans les Antilles
et, vers 200 ans après J.-C., ils atteignirent Porto Rico.
Entre 300 et 1000 après J.-C., le peuplement
néo-indien s'étendit encore il se subdivisa en Taïno,
qui occupèrent des îles vierges, Puerto Rico et la république
dominicaine, et en Sub-taïno, qui envahirent Haïti, la Jamaïque,
Cuba et les Bahamas, repoussant devant eux les méso-indiens de
la première migration.

Siège rituel taïno pour personnage de
haut rang (Haïti)
Au moment où les cultures
Taïno et subtaïno atteignirent leur apogée dans les grands
Antilles, entre 1000 et 1500 ans,
une troisième migration, celle-là partie de l'Amérique
du Sud, s'installa vers l'an 1000 dans les petites Antilles après
avoir exterminé les éléments mâles de la population
Ignéris qui les occupait. Cette expansion, tout comme celle des
Arawaks, s'est faite à partir du Venezuela où, une fois
occupée la plus grande partie de ce pays, les Caraïbes passèrent,
à l'époque historique, aux petites Antilles où ils
subjuguèrent les anciennes populations Arawaks (branche Taïno
ou Ignéris pour la Guadeloupe) pour s'établir ensuite dans
la partie orientale des grandes, (Puerto Rico, Haïti, cuba, Jamaïque),
une centaine d'années avant la conquête ibérique.
En même temps, ils s' infiltraient au sud de l'Amazone où
ils ont maintenant conservé quelques enclaves.
Les amérindiens insulaires Arawaks, puis caraïbe
(d'alibi), appartenait à une même aire anthropogéographique
englobant le vaste ensemble forestier de l'Amazonie brésilienne,
du delta de l'Orénoque et du Venezuela. Bien qu'elles aient constitué
deux groupes distincts, il existait très peu de différence
somatique entre ces deux communautés. De plus, ils possédaient
de nombreux très culturels communs, c'est-à-dire une conception
identique de l'univers et une attitude à l'égard des êtres
et des choses. Ils représentaient les groupes biologiques les plus
anciens, sortis du noyau primitif Arawaks-Caraïbes, vivant autrefois
regroupés en deux petits villages à l'intérieur de
la forêt dense tropicale du Bas Amazone et de l' Orénoque,
à proximité des grands fleuves (qui donnèrent leur
nom à et deux régions) et de leur affluents. À l'heure
actuelle on rencontre de nombreux représentants de ces très
anciennes populations dans les régions des trois Guyane.
Les Caraïbes détruisaient
et consommaient les populations mâles Arawaks;
seules les femmes et les enfants étaient épargnés.
C'est pour cela que la langue caraïbe présentait cette particularité
linguistique (diglossie) qui, pour n'être pas unique en Amérique,
n'en est pas moins rare : les femmes utilisaient une langue différente
de celle des hommes. L'existence de ce doublet féminin a montré
que les expressions utilisées par les femmes étaient pour
la plupart des mots Arawaks, tandis que les hommes parlaient le karaïb.
Lorsque les Espagnols arrivèrent pour la première fois aux
Antilles, ils furent témoins des guerres que menaient les Caraïbes
contre les indiens Arawaks. Aussi leur nom de caniba en Arawaks a donné
naissance par glissement linguistique au mot « cannibale »
dans les langues européennes. Bien que tous ces témoignages
soit authentiques, ils souffrent d'une certaine part d'exagération,
voire d'un certain parti-pris ethnocentriste, car il s'agissait d'actes
isolés, résultant des mouvements des réactions des
derniers groupes les peuples marginaux, parmi lesquels les «Kallinagos
» de la Guadeloupe. Ces méthodes d'expansion incluant le
cannibalisme et l'endo-cannibalisme n'entraînèrent pas la
brutale disparition des populations insulaires comme le firent plus tard
les invasions européennes.
Scènes d'anthropophagies
Avec l'arrivée des derniers amérindiens
connu sous le nom de caraïbe-calivinys et constituant le troisième
courant de peuplement céramique s'achève brusquement la
croissance organique de la civilisation Arawaks dans cette région.
Débutant au VIIe siècle, cet migration se développera
par la suite aux grands Antilles jusqu'à l'arrivée des Européens.
Les Calivinys passent pour avoir été les groupes ethniques
les plus guerriers et sont apparentés à la grande famille
caraïbe (galibi) du continent sud-américain. Si les guerriers
caraïbes exterminèrent la plus grande partie des populations
males précédentes, ils garderont les femmes de ces derniers
comme épouses. Il en résulta la dualité linguistique
et la miscégénations.
De tous les peuples amérindiens, les «
Kallinagos » était parmi ceux qui présentaient la
plus grande résistance psycho-sociologique et culturelle. Ils avaient
une conscience de groupe très développée, choisissant
plutôt de disparaître physiquement que d'être absorbée.
En parlant de caraïbe, le père Labat déclarait qu'aucune
nation de la terre n'était plus jalouse de son indépendance
que ces insulaires et pour montrer la fierté de leurs sentiments
il ajoutait : regarder de travers un caraïbe, c'est le battre, et
le battre, c'est le tuer ou être tué par lui.
APPORTS ETRANGERS:
Les traversées de l'Atlantique en 1969 et
en 1970 par un bateau de papyrus, le Râ construit par Thor Heyerdahl
d'après un modèle découvert dans la pyramide de Chéops,
ouvrit le champ aux thèses suggérant des influences africaines.
Pietro Martire d'Anghiera, suivi par Lopez de Gomara
au XVIe siècle est le premier à émettre l'hypothèses
d'une présence de pirates nègres venant d'Éthiopie.
Les anciennes céramiques « représentant des physionomies
ayant des traits nettement africains », comme la note Wright en
1902, les squelettes multiples « négroïdes » trouver
dans les sépultures précolombienne -- deux auraient été
découvert en 1975 aux îles vierges -- l'origine des Olmèques
et les fameuses têtes colossales de la Venta, San Lorenzo et Tres
Zapotes. Certains chercheurs prétendent confiant leurs hypothèses
en faisant intervenir des arguments diffusionistes et la tradition orale
africaine (voyage transatlantique de Aboubakari II du Mali vers 1310 --
1311).
Au congrès des américanistes de Mexico
en 1974, Andrzej Wiercinski -- qui avait déjà publié
une étude anthropologique sur l'origine des Olmèques (1972)
présenta une communication traitant de la taxonomie des populations
amérindiennes anciennes et présentes. L'analyse des squelettes
trouvés sur les sites Olmèques de Tlatico, Cerro de Las
Mesas et Monte Alban , le conduit a affirmé « une prédominance
du type négroïde ».
NOUVELLE ERE: "CONQUISTADORES

Caravelle de Christophe Colomb
Une vision européocentriste à privilégié
la « conquête » d'un « Nouveau Monde » par
des « conquistadores ». En 1556, preuve que les mots ont déjà
un sens lourd, l'emploi des termes conquista et conquistador est officiellement
interdit et remplacé par descubrimiento (découverte) et
probladores (colons).
L'arrivée de nombreux immigrants à
partir de 1492 venant d'Europe et d'Afrique la Méditerranée
des caraïbes inaugure une ère de conquête, de pillage,
d'extermination, d'expropriation et provoque une distorsion du temps et
de l'espace encore perceptible de nos jours. C'est dans ce cadre de destruction
que se développe un processus de construction coloniale tout à
fait originale et sans doute unique au monde.
Le problème central n'est pas Christophe Colomb,
personnage complexe, très controversée, mais le mécanisme
de la conquête. Les « capitulation » qu'il obtient des
Roi catholique lui accordant des privilèges héréditaire
d'ordre politique, judiciaire et économique. Amiral, vice-roi des
terres « découvertes », il organise la justice, nomme
des administrateurs -- avec l'assentiment des souverains -- jouit du dixième
et possède une part sur tous les bénéfices du commerce
qui s'instaure. Sa descendance (les ducs de Veragua) n'a pas cessé
de compter parmi les « grands d'Espagne ». À son premier
voyage, en octobre 1492, ils pénètrent avec deux caravelles
et la nef Santa Maria dans le monde des îles qu'il nomme les indes.
Il n'est pas le premier. L'histoire de caraïbe ne commencent pas
avec son arrivée aux « Antilles » ce nom vient de l'île
mythique Antilia. Il trouve de l'or dans l'île d'Ayti qu'il appelle
La Espanola, recueille des informations et repart avec des captifs indigènes
en laissant quarante hommes à La Navidad, autour d'un fortin. Le
second voyage, en 1493 -- 1494, avec 1500 hommes et l'expédition
d'Ovando en 1502 annonce la décision d'« exploiter »
l'île de la « coloniser ». Jusqu'en 1515 -- 1525, les
îles fournissent de l'or, des bras indigènes pour l'«orpaillage
» dans le cadre du premier repartimiento de 1499. La « chasse
aux Indiens » commence, ainsi que le trafic négrier qui débarque
des captifs africains pour servir d'esclaves. Très tôt également,
débutent la résistance des indigènes -- dès
1492 -- 1493 -- et les soulèvements de nègres qui font peser
une menace constante. La population indigène s'effondre brutalement,
passant de 8 millions à quelques milliers de personnes en Ayti
en moins de quatre décennies. Cuba, Puerto Rico (Borinken), la
Jamaïque (Yemaya) subissent le même choc.
KARIBS JAUNES - KARIBS ROUGES
- KARIBS NOIRS
Des travaux récents ont mit en lumière
l'épopée des Blacks Karibs - Karibs noirs - et leur extraordinaire
faculté d'adaptation dans un milieu étranger.
Distinguons les karibs noirs des Karibs proprement
dit, les aborigènes amérindiens que certains, en particuliers
les Angloxasons, appellent Karibs jaunes ou Karibs rouges. Les îles
Karibs ou « Cannibales » non occupées par les Espagnols
devinrent dès le début du XVIe siècle terre d'asile
pour les nègres fuyant le système esclavagiste en vigueur
dans certaines îles de l'archipel. Comment vécurent-ils avec
les Karibs ? Avant la conquête française de la Guadeloupe,
le témoignage de Thomas Gage, qui date de 1625, permet d'entrevoir
un nègre ladino, Luis, vivant au milieu des Karibs, marié
à une de leurs filles, mais surveillé par eux.
Au XVIIe et au XVIIIe siècles, « les
îles neutres » demeurent jusqu'en 1763 en dehors du procécus
colonial, elles sont réservées aux autochtones amérindiens.
C'est dans ces îles : Dominique, Sainte-Lucie, Saint-Vincent, Grenade,
que vont se mélanger nègres originaire d'Afrique et Karibs.
Ils semblerait que vers 1635 il y ait eu deux naufrages de vaisseaux négriers
espagnols devant Saint-Vincent. Les survivants réussirent, selon
William Young, à atteindre Béquia puis ils furent transportés
dans l'île Saint-Vincent par les karibs. Furent-ils alors réduit
en servitude par les Amérindiens, très supérieurs
en nombre ? Au début du XVIIIe siècle, vers 1700-1710, les
Karibs demandèrent l'aide des colons français, les incitants
à venir habiter dans leur île car la poussée des Karibs
noirs devait les inquiéter. Au traité de Paris en 1763,
les « îles neutres » devinrent anglaises. L'occupation
de Saint-Vincent par les britanniques n'alla pas sans mal. On comptait
alors dans cette îles 300 Karibs noirs contre 100 Karibs rouge environ.
Après un pèriode des troubles, de 1763 à 1772-1773,
se sont de véritables guerres qui opposent les britanniques aux
Karibs pour la possession des terres arables. Connus sous le nom de première
et seconde guerre des karibs, qui éclatent entre 1779-1783 et 1795-1805,
ces conflits provoquèrent la dispersion des karibs.

Au cours de la guerre qui débuta pendant la
nuit du 8 au 9 mars 1795 la guérilla Karibs dirigée par
des chefs tels que Du Vallée, Chatoyer, Augustine se montra très
active : les anglais en majorité de femmes, furent capturés
et déportés dans île de Baliceaux. De septembre à
décembre 1796, 2500 à 3000 prisonniers furent rassemblés
et embarqués le 11 mars 1797. La guerre se poursuivit à
Saint-Vincent sous des formes diverses jusqu'en mai 1805. Des karibs furent
déportés à Trinidad. On ne peut guère se fonder
exclusivement sur des témoignage anglais qui reflètent d'une
part une volonté de minimiser leurs échecs militaire, d'autre
part le comportement des planteurs britanniques pressés d'occuper
les terres Karibs et de toucher les dommages de guerre.
Ils existent plusieurs versions des évenements
de cette période dans la tradition des communautés Karibs
établies aujourd'hui à Saint-Vincent, Trinidad, Belize,
au Guatemala, au Honduras et au Nicaragua. Les anglais déportèrent
500 Karibs noirs dans l'île Roatan en 1797, dans la baie du Honduras.
De là, ils établirent à Punta Gorda, sur les côtes
du nord. Ils contrôlaient les îles de la baie (Roatan, utila
et Guanajo), bien que les espagnoles fussent les maîtres de la terre
ferme. Vers 1801, on en recensa environ 4000 au voisinage de Trujillo
au Honduras, colonie qui dépendait du Guatémala. La migration
des Garifunas se poursuivit après la création de cinq villages
: Guateles, Rio Negro, Santa Fe, Guadeloupe et San Antonio où se
mélangèrent des Karibs, et des nègres originaire
de Haïti et des Karibs anglophonnes.
Ils déscendirent sous la pression des espagnols,
de 1801 à 1807, Le long de la côte mosquitia du honduras,
avec l'intention de rejoindre leurs îles orientales. On les trouve
établis au honduras britannique de manière provisoire de
1802 à 1827 puis de manière permanente entre 1831 et 1836.
Ils s'établissent au Honduras occidental et au Guatémala
vers 1821-1836. Leur établissement au Nicaragua - orienoco et la
Fé près de Bluefields - provient du transport de travailleurs
par les Anglais en 1890 -1900 pour l'exploitation du bois (mahogany).
La dispersion des Garifunas n'est pas terminée,
des mouvements de population se poursuivant encore de nos jours. Les migrations
se font des villages ruraux vers des centres urbains et vers les ports
étrangers tels que la Nouvelle-orléans, Tampa et New york.
Quand aux Karibs « rouges », il en reste environ 2000, placés
dans une « réserve » de l'île de la Dominique
depuis 1764-1770 . Tous ces fiers Karibs occupent une place privilégiée
dans le système générateur d'un espace qui porte
leur nom - et c'est justice - et recouvre plusieurs domaine archéologiques,
non disjoints.
CONDITIONS DES ESCLAVES AUX
ANTILLES
"...Le père jésuite Charlevoix,
missionnaire, écrit dans son Histoire de Saint-Domingue (1730-1731)
: "Rien n'est plus misérable que la condition de ce peuple.
Quelques racines font toute sa nourriture ; ses maisons ressemblent à
des tanières. Ses meubles consistent en quelques calebasses. Son
travail est presque continuel. Nul salaire ; vingt coups de fouet pour
la moindre faute".
Durant tout le XVIIIé siecle, la cruauté
et le sadisme des chatiments corporels infligés par les blancs
aux esclaves en punition de leurs "délits" sont extrêmes.
Marquer au fer rouge, émasculer, couper mains et oreilles sont
pratiques courantes jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Dans
une ordonnance du 3 décembre 1784, le gouverneur de l'ile française
de Saint Domingue défend aux maîtres de mutiler leurs esclaves
"sous peine d'infamie" et de les mettre à mort sous peine
d'être poursuivi, ainsi que d'administrer plus de cinquante coups
de fouet à la fois.
Le travail dans les plantations est épuisant
et la mortalité atteint un taux effrayant. Le tiers des Nègres
de Guinée meurent d'ordinaire dans les trois premières années
de la transplantation, et la vie laborieuse d'un Nègre, même
bien fait au pays, ne peut être évaluée à plus
de quinze ans. Le repos dominical, prescrit par le Code noir, est en effet
mal observé. La moindre faute est châtiée impitoyablement
et la fuite devient un crime. Le Code noir a minutieusement prévu
les supplices : "le fugitif - celui que les auteurs du temps nomment
"le Nègre marron" - doit avoir les oreilles coupées
et être marqué à l'épaule ; la seconde fois,
il aura le jarret coupé et sera marqué à l'autre
épaule, et la troisième fois il sera condamné à
la peine de mort."

Parfois, pris d'une incoercible nostalgie du pays
natal, un Noir se suicide. Les planteurs n'aiment pas ce geste dont la
répétition dégénère souvent en épidémie
et risque de les ruiner. Alors il faut enrayer ce goût de la mort
en faisant appel aux divinités ancestrales. Les Noirs croient que
l'esprit est vivant et libre quand le corps est mort. Ainsi "un Nègre
Ibo imagina de se pendre pour retourner dans son pays, mais on mit sa
tête sur un piquet et ses compatriotes assurèrent qu'il n'oserait
jamais se montrer sans tête dans leur patrie..."
RESISTANCES
En 1512 Nunez de Balboa traversa listhme de
Panama et contempla le Pacifique. La Castilla del Oro et le Venezuela
sont reconnus. Le rythme de la conquête s'accélère,
son rayon d'action s'accroît considérablement. Hernan Cortez
part de Cuba en février 1519 en direction du Mexique où
vivent 25 millions d'être humains sur les plateaux. Tenochtitlan
est conquise en août 1521. De 1521 à 1524, sous le choc,
la résistance des indigènes s'organise : les Zapotèques
de listhme de Tehuantepec, les Huastèques entre le Rio Tuxpan
et le Rio Panuco. Francisco Pizarro part, lui, de Panama pour conquérir
le Pérou. Il entre à Cuzco le 15 novembre 1533. De 1527
à 1544 commence la difficile conquête du domaine Maya. Une
armature administrative coloniale est mise en place progressivement (conseil
des indes, Audiencias et vice-royaumes). La prospection et l'exploitation
minière progressent avec la découverte des mines d'argent
du Potosi et de Zacatecas.
Ce sont les nègres, dont le monde s'accroît
sans cesse à mesure que se multiplient les établissements
permanents, qui organisent durablement la résistance. Alors qu'à
Cartagena il y a de nombreux soulèvements d'esclaves, à
Panama, en 1548, des nègres fugitifs organisent un royaume, élisent
un roi, Bayano, et attaquent la route reliant Panama a Nombre de Dios
où passent les caravanes portant lor du Pérou.
Pédro de Ursua échoue dans son entreprise
de pacification dans la région de Panama. Le nègre Félipillo
se soulève avec une bande de « cimarrons »-terme indigène-dans
le golfe de San Miguel. Au Venezuela survient en 1552 l'insurrection du
nègre Miguel, esclaves des mines de San Felipe de Buria qui se
proclame roi près de Nueva Segovia-au voisinage de Barquisimeto.
Avec son épouse, la reine Guiomar, sa cour, sa noblesse et ses
alliés les indiens Jiraharas, il fait une guerre acharnée
aux espagnols.
Indigènes et nègres sunissent
pour lutter dans le Bahoruco (La Espanola) avec le cacique Enriquillo,
de 1519 à 1533, avec Lampira au Honduras en 1538,Bayano au Panama
en 1548, le roi Miguel au Venezuela en 1552 et Guaicaipuro en 1561-1568.
Les plus tenaces dans leur résistance sont évidemment les
Karibs et les Black Karibs de l'archipel orientale.
En Guadeloupe, les Karibs tuent et blessent, en 1625,
des jésuites qui voulaient les évangéliser. Dans
les Guyanes, où la foret se montre complice des nègres fugitifs
«Cimarrons » et en Jamaïque où débute,
en 1655, la première guerre des «maroons », le procès
de résistance s'intensifie. À Cuba (El Cobre), à
Sainte-Croix, en Guadeloupe et à Antigua, vers 1731-1740, les nègres
rebelles font souffler un grand vent de liberté. Mais c'est à
la Jamaïque et à Suriname dans la décennie 1739-1749
que les conflits armés se terminent par la victoire des «Marrons
». Les autorités anglaises et hollandaises doivent négocier
et signer des traités de paix. C'est au cours de ce procès
de résistance, d'Afrique aux Caraïbes, qu'apparaissent les
formes de vaudou, la santeria, les langues créoles, les rythmes,
les musiques, les idées religieuses qui fusionnent pour constituer
une culture de résistance en marge de la vie coloniale.
L'analyse de ces révoltes nécessite
parfois des explications anthropologiques au niveau des relations parentales,
des stratégies de lutte, de la culture africaine (arts, musique,
langues, religion). Ces explications aident à comprendre la vie
des « nègres cimarrons » dans le Quilombo dos Palmares
(Brésil) au XVIIe siècle, à l'avènement du
chef Nzumbi ou leur existence dans les camps de la Jamaïque, de Guadeloupe,
autour d'une agriculture africaine-amérindienne. La tradition orale
des Caraïbes nous porte aujourd'hui quelques échos de cette
période à travers contes, chants et proverbes. Mais il existe
encore des habitudes, des traumatismes qui se transmettent des générations
en génération, une sphère idéologique autour
des langues créoles des valeurs particulières (« débrouillardise
», ruse, fatalisme) qui se retrouve dans la culture orale des îles
: Guadeloupe, Haïti, Saint-Thomas, Martinique, Dominique, Sainte-Lucie,
grenade, Trinidad Tobago, et du continent : Garifunas de Belize, Louisiane,
Guyanes et Brésil.
Les différentes formes de résistance,
en comptant les empoisonnements les incendies et le suicide sont, ne nous
y trompons pas, les seules ouvertures quont eues les opprimés
vers une réappropriation de leur liberté, de leur identité,
de leur indépendance. Ils ont écrit, ces hommes et ces femmes
des Caraïbes soumis au système esclavagiste, les chapitres
d'une histoire où s'affirme sans conteste leur volonté de
briser leur système concentrationnaire et débauché
la création d'une véritable société.
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